Corleto a ouvert la voie du succès aux Parisiens. Rien n'est perdu ce vendredi soir, et c'est bien là le principal. A une semaine du verdict du premier tour de la H-Cup, les Parisiens sont toujours en course pour briguer les quarts de finale de la Coupe d'Europe. Une opportunité qui n'était pas gagnée d'avance au vu de l'inconfortable posture dans laquelle se trouvait le club de la capitale au soir de ses deuxième et quatrième sorties européennes. Humilié sur le pelouse de Bristol (17-0) ou renvoyé à ses chères études après son déplacement à Cardiff (31-21), juste avant la trêve, le Stade Français est une fois de plus parvenu à repartir de l'avant avec son public pour témoin, en s'assurant, et c'est déjà ça, un sans-faute dans son antre de Jean-Bouin.
Dans huit jours toutefois, les Parisiens, rentrés deux fois bredouilles de leurs périples jusqu'alors - le constat est également vrai à l'échelle hexagonale - devront impérativement s'imposer en terre hostile, sur le terrain des Harlequins, détenteurs confirmés de la lanterne rouge d'un groupe extrêmement homogène. Un équilibre des forces dans lequel réside finalement la plus grande chance des troupes de Max Guazzini. Car la sixième et dernière levée de cette première phase palpitante mettra aux prises directes - ou indirectes - trois des quatre formations de la poule. A savoir Cardiff, le leader, qui a conforté son rang en battant les Harlequins (23-12), le Stade Français, désormais deuxième à la faveur de son succès du jour, et Bristol. Trois équipes qui, sans avoir leur destin en main - à l'exception des Gallois - peuvent encore croire à la qualification en cas de victoire.
Si le challenge s'annonce difficile à relever, tous les espoirs restent néanmoins permis, et notamment au vu de la prestation des Skrela et consorts ce vendredi. Certes, l'ouvreur des Parisiens n'a pas eu la tâche facile dans des conditions de jeu typiquement britanniques. Mais s'ils ne pouvaient de fait raisonnablement escompter le carton idéal, ce soir, sur le pré boueux de Jean-Bouin, les Stadistes ont réussi le pari de créer du jeu, notamment après le repos, pour avoir au coup de sifflet final les faveurs méritées du tableau d'affichage.
Skrela inspiré à la main
Conditionnés avant la rencontre pour obtenir la plus large victoire possible, les Parisiens attaquaient le match le vent dans le dos, manifestement déterminés à tôt faire la décision. Une amorce payante puisqu'en l'espace de six minutes, Skrela se voyait offrir deux pénalités, avec toutefois une seule réussite à la clef (3-0). Bien que volontaires, les hommes de Fabien Galthié étaient ensuite confrontés à la réalité d'un terrain ingrat envers le beau jeu. Et si Martin tentait bien de se faire la malle en solitaire, tandis qu'il était laissé libre de ses mouvements après avoir été plaqué (22e), la patrouille des Pumas se révélaient suffisamment vigilante pour ne pas prendre l'eau.
De fait, tous les points glanés en première période (9-3) étaient à mettre à l'actif des bottes de Skrela et Strange. Sitôt le retour des vestiaires, ce dernier, cette fois soutenu par Eole, ne manquait pas l'occasion de ramener les siens à trois longueurs (9-6), ce alors que son alter ego venait de rater le coche. Un affront qui avait néanmoins le mérite de piquer au vif les hôtes de la rencontre. Tout en puissance, Bastareaud débutait alors ses travaux de pilonnage. Des charges percutantes qui profitaient à Skrela, lequel décalait un Corleto dynamite pour le premier essai du match (14-6, 55e). Guère abattus pour autant, à l'image du taquin et agaçant Regan, les Anglais répliquaient avec aplomb tandis que les Arscott brothers trouvaient la faille en bout d'alignement (14-11, 60e).
Le dernier mot revenait cependant logiquement au Stade Français. Pas toujours heureux au pied, Skrela, déjà déterminant sur l'essai de Corleto, se montrait impeccable ballon en main, à travers cette fois une passe sautée lumineuse. A la réception, Dominici, le néo-retraité tricolore, prenait à contre-pied l'arrière-garde adverse d'une offrande décisive à l'encontre d'Arias (19-11, 69e). Pour l'anecdote, Hill, sur pénalité, manquait dans les arrêts de jeu d'arracher le point du bonus défensif pour le compte de Bristol. Un ultime raté, consécutif à une énième facétie du vent, qui aura peut-être son importance dans une semaine, à l'heure du bilan...